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Les personnalités qui ont marqué Gravelotte

Napoléon III

Au soir du 15 août 1870, Napoléon III arrive à Gravelotte, dans une auberge située au carrefour du village. Les armées françaises se replient lentement, trop lentement, vers Châlons, où BAZAINE espère effectuer un regroupement. Les troupes prussiennes veulent lui couper la route en passant plus au Sud par Gorze, freiner sa retraite et livrer une bataille décisive en repoussant les français sur Metz.

L’empereur est malade, des calculs rénaux le font souffrir violemment, ses généraux se jalousent, la situation est difficile pour les soldats, les prussiens sont plus rapides que les français, l’armée du Rhin campe ce soir là sur un front de plus de 20 km de large : les plus avancés sont à Vionville alors que d’autres n’ont pas encore quitté Metz. Il s’agit alors de protéger la retraite de l’empereur, pour éviter qu’il ne soit pris par l’ennemi.

La suite de l’empereur s’ébranle à 4h30 le matin du 16 août. Elle quitte Gravelotte et emprunte la route d’Etain pour rallier Verdun. Napoléon III abandonne la Lorraine et l’armée du Rhin pour ne plus jamais les revoir. 

Auguste Escoffier

Auguste ESCOFFIER et "le lapin à la Gravelotte"

Né en 1846 près de Nice, Auguste ESCOFFIER, celui qu’on appelait “le roi des cuisiniers et le cuisinier des rois”, créateur de la pêche "Melba" et de la poire "Belle-Hélène", est un soldat de presque 24 ans, chargé de la cuisine des officiers quand il arrive à Gravelotte, en août 1870. Pendant cette époque, il écrit les “Mémoires d’un cuisinier de l’armée du Rhin” qu’il publiera plus tard. On y trouve une anecdote étonnante, alors que les armées se préparent à un combat très rude et que la nourriture commence à manquer cruellement.

Utilisant des ruses de sioux, ESCOFFIER et son aide BOURNIOL réussissent à capturer un lapin dans un champ voisin, persuadés qu’il s’agit du dernier de la région, tant le gibier est devenu rare, et il l’appellent le lapin de Gravelotte. D’autres témoignages prétendent qu’ils l’auraient pris à un paysan.

ESCOFFIER le fera sauter à la poêle, avec du saindoux, sel et poivre, des oignons hachés et un verre de cognac et autant de vin blanc. Il sera servi aux officiers, accompagné de pommes de terre frites dans la graisse de porc, le soir du 15 août 1870, la veille de la fuite de l’empereur Napoléon III vers Châlons et des terribles affrontements contre les armées prussiennes.

Palmyr Lanquetin

Issu d'une famille paysanne du Jura, Palmyr LANQUETIN est un simple soldat de l'armée du Rhin, du 8ème régiment d'infanterie de ligne. Dès le début des hostilités, il participe à la bataille de Spicheren le 6 août. Puis son régiment se replie sur Borny, où une bataille a lieu le 14 août. Toute l'armée du Rhin se regroupe alors à Metz, c'est là que Palmyr écrit à ses parents une lettre émouvante dans laquelle il raconte sa vie de soldat.

Metz le 14 août 1870
Mes chers parentsJe m’empresse de vous écrire pour vous dire que je ne suis ni tué ni blessé mais je nen nai pas passé bien loin car je vous assure que cetais une bataille sanglante sa a commencer a neuf heure du matin jusqua neuf du soir nous nétions que vingt a trente mille contre centcinquante mille nous avons eu beaucoup dhommes hor de combat mais aumoins quatre fois moins que les Prussiens on croit quils ont perdus trente mille hommes mais que pouvions nous contre tant de monde il a fallu déjà bucher pour ne pas les laisser marcher plus vite car nous les avons mainttenu sur les Frontieres seulement ils etais cacher dans les bois et nous nous etions dans la plaine je t assure que cetais terrible de voir tout celaColisson de la Cluse a été bien abimé seulement il n’est pas mort desuite il a encore vecu quarante huit heure il avais des bales partout a la tete a la poitrine dans les bras et dans les jambes seulement je vous recomende de nen pas parlez car l on ne dira pas a ses Parents ce quil a eut et s’il le savais ils serais trop peineril y en a un qui etais coucher a coter demoi quand nous sommes arriver au feu son bras touchais ma cuisse il arrive une bale qui lui travaerse le bras cela ma fait un petit mouvment car les bales pleuvais comme la grelle l’on aurais dis des bourdons qui volais a coter de nousL on voyagais jour et nuit nous n’avons put trouver a manger pas meme du pain l’on alais mendier chez le Paysans mais l’on ne pouvais pas trouver a manger cart il y avais deja passé un corps d’armée avant nous je vous assure que l’on etais fatigué quand nous somme arriver prs de Metzje vous dirai que maintenant je suis abitué a coucher sur la terre l’on dort la dessus comme dans un bon lit seulement quand arrive le matin l’on a un peu froidJe crois que l’on va doner une bonne raclée aux Prussiens ce jour sa ne dois pas tarder car il ne sont pas loing sa pourais bien arrivé pour faire le quinze AoutJe n’ai put vous ecrire plus vite je n’ai recu ta lettre que hier soir cart dans des moments comme cela l’on ne recois pas les lettres sa est retarder toutes les fois quil y a un combatRecevez toutes les amitier de votre devoue 
P.Lanquetin

Palmyr LANQUETIN est mort le 16 août 1870, sans doute entre Gravelotte et Rezonville. Voulant rendre hommage à tous ces soldats morts au combat, la commune de Gravelotte a donné son nom à une rue du village en 2012. Le chemin de mémoire qui mène de Gravelotte à Rezonville lui consacre également un panneau d'information.

Dernière mise à jour le 18.10.2023

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